Cette entreprise de motos vient de lancer un sosie de Triumph Bonneville pas si nouveau

Morbidelli vient de dévoiler la Timeless 1200 en Chine. Si ce vélo vous semble familier, c’est parce qu’il l’est. Vous l’avez déjà vu auparavant, mais pas avec ce nom sur le réservoir. Il s’agit de la même machine qui est apparue sous le nom de Brixton Cromwell 1200 X en Europe et de Gaokin GK1200 en Chine. Il est maintenant de retour sous le nom de Morbidelli Timeless 1200, et honnêtement, son nom est peut-être la chose la plus précise à ce sujet.

Parce que oui, c’est drôle. Un vélo appelé « Timeless » qui est en fait une plate-forme vieille de trois ans réintroduite comme si elle était toute neuve. Mais en même temps, c’est aussi un peu vrai. Toute cette formule de jumeau rétro de style Bonneville n’a pas changé depuis des décennies et ne le fera probablement pas de si tôt.

Sous le nouveau badge, rien n’est vraiment différent. Vous avez toujours devant vous un bicylindre parallèle de 1 222 cm3 refroidi par liquide développant environ 83 chevaux à 6 550 tr/min et 80 livres-pied de couple à un peu plus de 3 000 tr/min. Il est construit autour d’un cadre à double berceau en acier avec une fourche conventionnelle à droite et deux amortisseurs arrière. La hauteur et la position du siège s’appuient sur ce look de brouilleur, et le poids à vide se situe à environ 518 livres, prêt à rouler.

C’est volontairement old school. Pas de fourches inversées, pas de mono-amortisseurs, pas de suite électronique sauvage essayant de réinventer la roue. Vous bénéficiez d’une conduite filaire, de quelques modes de conduite, d’un contrôle de traction, de l’ABS et d’un écran TFT. C’est ça. Il s’agit d’un vélo classique qui démarre chaque matin sans drame.

Cependant, la plus grande histoire ici n’est pas le vélo lui-même. C’est comme ça qu’il revient sans cesse avec des vêtements différents. Le tout est construit par Gaokin, qui est le véritable fabricant en coulisses. À partir de là, il est transmis à différentes marques en fonction du lieu de vente et de la manière dont il est positionné. Brixton l’a pris et s’est penché sur cette esthétique rétro européenne. Maintenant, Morbidelli, qui siège sous Keeway et finalement Qianjiang, (AKA QJ Motor) fait son propre travail avec la même plate-forme. Il ne tire même pas de ses propres moteurs internes. Il s’agit simplement de récupérer une configuration éprouvée et de l’utiliser.



Et c’est vraiment la punchline. Ce n’est pas une situation de clonage louche. C’est le même vélo qui circule à travers un réseau de marques qui partagent toutes des ressources, des usines et des chaînes d’approvisionnement. Un produit, plusieurs identités, selon l’endroit où vous vous trouvez et le badge auquel vous faites confiance.

Au contraire, le nom Timeless finit par être involontairement parfait. Non pas parce que le vélo n’a pas changé, mais parce que ce n’est pas nécessaire. Les jumeaux rétro comme celui-ci sont construits sur une formule qui a déjà résisté à l’épreuve du temps. Un couple important, une géométrie détendue, un matériel simple et un look qui puise directement dans la nostalgie. Le seul problème est que beaucoup de nouvelles marques qui lancent ces vélos n’ont pas réellement la nostalgie de le soutenir.

Et quant au Timeless 1200, en Chine, il est même assorti d’une garantie de six ans ou 62 000 milles, ce qui est une manière assez audacieuse de dire aux acheteurs de ne pas s’inquiéter du badge ou de l’endroit où il est construit. Son prix est également d’environ un tiers de ce que vous paieriez pour quelque chose comme une Triumph Bonneville T120, ce qui rend le tout encore plus intéressant.

Alors oui, c’est drôle. Un « nouveau » vélo que vous avez techniquement déjà vu auparavant. Et en plusieurs itérations. Mais c’est aussi un aperçu assez clair de la direction que prend l’industrie. Les vélos ne sont plus liés à une seule marque. Ce sont des plateformes. Et si la formule fonctionne, ils continueront à la ramener.

« Intemporel », apparemment, n’est pas qu’un nom. C’est un modèle économique.