La Ferrari Luce, la première Ferrari 100% électrique, a été présentée comme un chef-d’œuvre collaboratif, fruit de l’union entre l’atelier de design de Maranello et LoveFrom, l’agence créative du légendaire designer d’iPhone, John Ive. Le but était de créer un objet de désir pour le 21ème siècle. Le résultat, cependant, a été un incendie médiatique monumental que même le pape Léon XIV lui-même n’a pas pu éteindre avec sa bénédiction.
Pourquoi le lancement du Luce est-il devenu le plus grand tremblement de terre de l’histoire récente du Cheval cabré ? Retour sur les critiques les plus sévères adressées à son précédent patron, le krach boursier, la tempête de mèmes sur les réseaux sociaux et la défense acharnée de l’entreprise. Une première qui a été une montagne russe émotionnelle.
Les fléchettes les plus venimeuses : quand le « mythe » est brisé à la maison
Sans aucun doute, les éclats d’obus les plus douloureux ne sont pas venus de l’extérieur, mais du cœur même de la légende. Le tireur était Luca Cordero di Montezemolo, le président historique qui a guidé Ferrari à travers deux décennies de splendeur.
Ses déclarations constituent une phrase authentique, la plus citée et partagée après la présentation. Bien qu’il ait tenté de contenir son opinion en public – par amour pour la marque – ses propos étaient lapidaires :
- Critique frontale de l’identité : « Nous risquons la destruction d’un mythe, et j’en suis vraiment désolé. »
- L’ironie ultime : « J’espère qu’ils retireront au moins le cheval cabré de cette voiture. »
- Le clou dans le cercueil : La phrase la plus virale et la plus partagée qui résume toute la polémique : « C’est sûrement une voiture que les Chinois ne nous copieront pas. »
Montezemolo n’était pas le seul et son écho a trouvé un écho auprès d’autres personnalités italiennes. Flavio Briatore, avec son style incomparable, s’est joint à lui avec une vidéo sur Instagram critiquant le design comme s’écartant des canons traditionnels. Et Carlo Calenda, ancien ministre et ancien employé de Ferrari, est allé encore plus loin en le qualifiant d' »insulte esthétique et technologique pour ceux qui aiment Ferrari ».
Les chiffres ne pardonnent pas : un choc de 50 milliards
Au-delà des mots, le marché a prononcé son verdict dans un langage beaucoup plus froid et énergique : celui des pertes économiques. Krach boursier : l’action Ferrari a chuté jusqu’à 8,37% à la Bourse de Milan, clôturant à 284,05 euros par action.

- La capitalisation en jeu: La valeur marchande de l’entreprise italienne a été réduite d’environ 50 milliards de dollars (environ 46 milliards d’euros), un chiffre surprenant même dans le monde volatile des supercars.
- Sentiment des investisseurs: Pierre-Olivier Essig, analyste chez AIR Capital, le dit sans détour : « Le marché a parlé. »
La tempête numérique : comparaisons, mèmes et Ferrari Store »
Là où la polémique a atteint son expression maximale, c’est dans la jungle des réseaux sociaux. Il n’a pas fallu une seconde à Internet pour lyncher l’esthétique de la Luce, inondant le cyberespace de mèmes et de critiques impitoyables.

La qualification Apple Car: L’influence de Jony Ive était une arme à double tranchant qui a généré des comparaisons immédiates. De nombreux utilisateurs ont décrit la voiture comme « entièrement conçue en mode avion », et une publication a déclaré avec dérision qu’elle ressemblait à « un Apple Store fabriquant une camionnette avec des problèmes de confiance ».
- Comparaisons avec les utilitaires: L’une des critiques les plus répandues concernait la ressemblance de la Luce avec des modèles bas de gamme ou massifs. La publication Drive.com.au, et d’autres médias, l’ont directement comparé à une Nissan LEAF, un véhicule utilitaire électrique, ce qui a heurté la sensibilité des puristes.
- Le phénomène IA: La créativité des haters n’avait pas de limites, et certains fans se sont tournés vers l’intelligence artificielle pour « corriger » le design de la Luce, générant des images de ce à quoi, selon eux, devrait ressembler une vraie Ferrari.
- « Ce sont des déchets à mettre en décharge »: Les commentaires des fans sur les réseaux sociaux ont été, dans de nombreux cas, radicaux, allant de critiques telles que « Ferrari vient de détruire sa marque » à des critiques plus énergiques telles que « c’est de la ferraille directement à la poubelle ».
Défense de marque fermée
Au milieu de la tempête, des voix et des arguments ont également émergé pour tenter de calmer. Le soutien des pilotes : Lewis Hamilton et Charles Leclerc, lors d’un événement privé, ont non seulement loué le design futuriste, mais Leclerc a défendu que « vous pouvez voir que c’est une pure Ferrari », précisant que les pilotes de l’équipe soutiennent l’engagement.
L’argent des clients : Le message le plus rassurant pour l’entreprise a été donné par son PDG, Benedetto Vigna. Il a déclaré que l’intérêt des clients est « fort » et qu’ils ont déjà reçu des virements bancaires pour sécuriser les premières unités.

La position de Ferrari était celle d’une défense acharnée, menée par son PDG, qui a utilisé des arguments d’autorité et des expériences passées : L’innovation n’est pas démocratique : Vigna a défendu sa position avec une phrase qui résume la position de l’entreprise : « J’ai l’habitude de faire ce que je dis, pas ce que les autres me disent.
L’équipe de conception a rappelé que le succès du SUV Purosangue avait également généré un fort rejet initial qui s’est ensuite dissipé, elle demande donc de la patience aux critiques. Une voiture à voir en personne : ils insistent sur le fait que la voiture ne peut pas être jugée par des photos et qu’une fois vue et conduite, son essence est comprise.
Bien entendu, le lancement de la Ferrari Luce est probablement le plus controversé de l’histoire de la marque. Montezemolo était prémonitoire en parlant de « destruction d’un mythe ». La combinaison d’un design révolutionnaire et de la technologie électrique a déclenché toutes les alarmes. Cependant, la confiance de l’entreprise dans son produit et l’importance des réservations suggèrent que cette tempête s’atténuera peut-être lorsque les premiers clients commenceront à arriver.

