Chaque fois que nous prenons le volant, l’inquiétude grandit quant à la mauvais état des routes espagnoles. Il est assez fréquent de rencontrer des nids-de-poule, des virages mal relevés ou des tronçons où l’éclairage brille par son absence. Nous savons tous que l’entretien du réseau routier n’est pas à son meilleur moment, mais nous pouvons désormais identifier les points exacts où il y a le plus de risques d’accidents. Le dernier rapport iRAP 2025, préparé par la Fondation RACE, nous laisse avec une radiographie qui indique les pires sections et l’augmentation inquiétante des accidents.
Pour réaliser cette étude, la méthodologie établie par le Laboratoire de Recherche sur les Transports (TRL) a été suivie, comme dans d’autres pays européens. Un Indice de Risque (RI) s’obtient en croisant les accidents mortels et graves dans un tronçon pour chaque milliard de véhicules-kilomètres parcourus. Cela montre les endroits où il est le plus susceptible de subir l’un de ces accidents. Au début, on a vu que il y a eu une augmentation de 10,3% dans ce type d’accidents sur la période de 2022 à 2024 (par rapport à la précédente de 2021 à 2023).
En tenant compte du total de 3 873 incidents mortel et grave, nous constatons que l’indice de risque global en Espagne est de 9,42 ; un chiffre qui est également en augmentation. L’étude confirme que la conception et l’état des infrastructures jouent un rôle crucial et que tout n’est pas dû aux accidents dus aux distractions ou à la vitesse. Au total, 95 tronçons à risque ont été détectés (contre 82 dans le rapport précédent) et il y a un total de 25 sections considérées comme « noires »avec un IR supérieur à 90. Dans ceux-ci, 351 accidents ont été enregistrés, avec un bilan de 106 morts et 352 blessés graves.
Les tronçons de route les plus dangereux d’Espagne
- N-340 (pk 1 133 – 1 138) Tarragone – IR 200,9
- N-6 (pk 400,8 – 406,6) Léon – IR 180,1
- N-110 (pk 154,5 – 162,1) Ségovie – IR 144,2
- N-340 (pk 941 – 952.4) Castellón – IR 123.3
- N-323 (pk 181.2 – 187.1) Grenade – IR 120.9
- N-5 (pqt 330 975 – 338 550) Badajoz – IR 118,5
- N-621 (pk 62 120 – 67 100) Léon – IR 115,0
- N-111 (pqt 234 700 – 244 600) Soria – IR 113,9
- N-432 (pk346 000 – 352 105) Cordoue – IR 112,4
- N-232 (pk 459 000 – 467 963) La Rioja – IR 112,0
En regardant les données, le N-340 se démarque de manière négativela route la plus longue d’Espagne qui longe la côte méditerranéenne. Tout au long de son parcours, il accumule jusqu’à 10 tronçons classés comme présentant un indice de risque moyen-élevé ou élevé (dont 4 de niveau noir). Elle est suivie de près par la N-260 (Axe Pyrénées) et la N-432 entre Badajoz et Grenade, confirmant que les routes à chaussée unique, à trafic mixte et aux passages à niveau de même niveau, sont les pires du classement. Concernant les communautés, La Rioja a 14,16% de ses sections à risque élevé, bien au-dessus de la moyenne.

Le rapport met un accent particulier sur deux groupes. D’une part, véhicules lourds. Même s’ils ne sont impliqués que dans 8,4 % des accidents graves, leur présence dans des tronçons présentant des déficiences structurelles multiplie la gravité de l’accident. D’un autre côté, le visage le plus amer les automobilistes l’emportentqui connaissent une augmentation des accidents : 16,8% d’accidents en plus au cours des trois dernières années, ajoutant 258 décès.
La radiographie est claire et le diagnostic est posé. Il ne nous reste plus qu’à savoir si le les administrations prendront des mesures en la matière ou si l’année prochaine on reparlerait d’une augmentation des accidents et de plus en plus de tronçons en mauvais état.

