Il faut une certaine folie pour consacrer sa vie à une marque de moto américaine disparue au cœur du pays des courses françaises. Mais pour Hugo, le gérant de Mecabuell Garage, ce n’est pas de la folie ; c’est une mission. Situé dans le périmètre du circuit automobile d’Alès, dans le sud de la France, l’atelier de Hugo est devenu un sanctuaire pour les bizarreries en plastique et en carburant dans le cadre qu’Erik Buell a lâchées sur le monde.
Hugo est un passionné de Buell depuis quinze ans, mais en 2021, il a transformé sa passion en croisade professionnelle. Mecabuell n’est pas seulement un atelier de réparation ; c’est un mouvement revivaliste conçu pour maintenir la scène Buell française en pleine effervescence. Parallèlement à ses fonctions de garage, Hugo a cofondé Buellmachine, une marque de performance qui développe tout, des tés de fourche usinés à la cartographie moteur personnalisée. Si vous cherchez à acheter, vendre ou personnaliser une Buell, Hugo est l’homme que vous voyez.

Pour montrer toute l’étendue des capacités de son atelier, Hugo a passé 1 000 heures sur neuf mois à créer la machine que vous voyez ici. «Hyperion», du nom du Titan grec de la lumière céleste, est une Buell XB12R Firebolt de 2004 qui a été dépouillé de son plastique du milieu des années 2000 et qui renaît sous la forme d’un combattant de rue néo-rétro.
En version d’origine, la XB12R 2004 était une expérience de centralisation des masses. Son bicylindre en V refroidi par air de 1 203 cm3 développait une puissance respectable de 103 chevaux et 84 lb-pi de couple, maintenus ensemble par un cadre qui faisait également office de réservoir de carburant. Pour Hyperion, Hugo a décidé que le moteur « Harley sous stéroïdes » avait besoin de plus qu’une simple mise au point.

Le moteur a été retiré et les cylindres ont été alésés pour accueillir des pistons Wiseco surdimensionnés. La respiration est gérée par un filtre K&N et un système d’échappement Buell Machine personnalisé, le tout relié par un remappage ECM sur mesure. Le résultat est une livraison plus rapide et plus urgente, qui rend justice au poids à sec de 179 kg du XB. Pour gérer la puissance, Hugo a effectué une conversion d’embrayage hydraulique à l’aide d’un piston Buell Machine et d’un maître-cylindre HJAK de 17,5 mm.
La série Buell XB est célèbre pour son frein avant périmétrique de 375 mm, et Hugo a poussé cette caractéristique jusqu’à sa conclusion logique. La partie avant arbore désormais un étrier EBR à 8 pistons se fixant sur un disque EBR. Mais le véritable clou du spectacle, c’est l’arrière.

Hugo a construit sur mesure une roue arrière qui intègre un deuxième support de disque périmétrique, une prouesse d’ingénierie qui a nécessité un usinage personnalisé des entretoises de roue et de la poulie pour correspondre. Cette configuration arrière utilise un étrier ZTL à 6 pistons monté sur un support en billette. Il s’agit probablement du système de freinage le plus sophistiqué jamais installé sur une XB, et il semble absolument mortel.

Le châssis n’a pas non plus échappé aux mises à jour. Le bras oscillant a été renforcé et ouvert avec une conception en forme de treillis, tandis que le sous-châssis arrière a été raccourci et modifié pour créer une position plus agressive et à piquer. Tout, du cadre aux tés de fourche, était thermolaqué dans un noir texturé.
Visuellement, Hyperion s’écarte de l’esthétique typique de Buell. La carrosserie faite à la main s’inspire de la MV Agusta Superveloce, mêlant les courbes italiennes à la musculature américaine. La peinture est un Marbelizer Candy Gold profond qui semble briller sur le châssis noir texturé.

Le cockpit est une étude du minimalisme haut de gamme. Une barre de frein incurvée Raximo porte un appareillage de commutation en aluminium Buellmachine, un accélérateur semi-rapide et des rétroviseurs d’extrémité de barre Motogadget. Le faisceau de câbles a été entièrement modifié pour accueillir un allumage sans clé Motogadget et un système d’éclairage M-blaze. Même le cadran de la jauge a été personnalisé pour correspondre au thème Hyperion.
Chaque détail reflète les 1 000 heures consacrées à la construction : le siège en cuir bicolore et Alcantara avec le logo Mecabuell brodé, le feu arrière à LED de style turbine et le support d’immatriculation latéral personnalisé. C’est une construction qui prouve que l’héritage Buell est entre de très bonnes mains dans le sud de la France.
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