Se garer au centre de presque toutes les villes espagnoles est synonyme de recherche et va payer au parcmètre le plus proche. La zone bleue (ou verte) est cette mesure que de nombreux utilisateurs détestent, mais que défendent les experts en mobilité. L’argument est de garantir que les voitures tournent dans les endroits les plus fréquentés. Il est donc surprenant de voir qu’un conseil municipal ait mis fin à la fameuse ORA, l’ordonnance sur la réglementation du stationnement. C’est le cas d’Orensequi l’a éliminé début 2026 et on se demande encore si c’est du génie ou s’il aura des répercussions négatives.
Au début de la nouvelle année, le maire de la ville galicienne, Gonzalo Pérez Jácomea tenu une de ses promesses vedettes et a fait ses adieux aux parcomètres après 30 ans d’existence. Leur principal argument est que le système actuel était obsolète et déplacé, puisqu’une grande partie du centre a été progressivement transformée en zones piétonnes à accès restreint. De plus, les comptes ne concordaient pas : la Mairie estimait que le maintien de ce service générait plus de dépenses que de bénéfices pour les caisses locales. Il leur fallait environ 8 000 amendes par an pour régler leurs comptes.
La théorie du conseil est que cette mesure contribuera à changer les mauvaises habitudes des conducteurs et encouragera l’utilisation du bus urbain. Selon le plan prévu, les anciennes places de paiement en surface seront transformées pendant la journée dans les zones de chargement et de déchargement pour accélérer la distribution des marchandises, tandis que la nuit, ils serviront de parking gratuit pour donner une pause aux résidents. Cependant, dans la pratique, Orense semble avoir enfreint certaines règles de l’urbanisme et l’opposition parle déjà de « loi de la jungle ».
En éliminant la barrière économique du paiement, le manque de rotation redouté est une menace bien réel, avec des véhicules qui peuvent rester fossilisés des heures (ou des jours) au même endroit. Le maire lui-même en est venu à admettre qu’ils naviguent à l’aveugle, reconnaissant publiquement qu’ils ne savent pas exactement ce qui se passera après cette décision. La suppression brutale de l’ORA a également amené le concessionnaire de services Doal à exiger une indemnisation d’un million d’euros. Sont neuf ouvriers qui contrôlaient les parcomètres et qui sont descendus dans la rue du jour au lendemain (beaucoup d’entre eux avaient plus de 50 ans).

Comme si cela ne suffisait pas, cette polémique coïncide avec l’inscription d’Orense sur la liste noire du ministère des Finances. en raison de l’opacité comptableen n’ayant pas soumis à temps la documentation pour les budgets 2026. L’expérience galicienne nous laisse avec un enseignement fondamental : gérer la mobilité d’une ville a de la complexité au-delà de mettre fin à ceux qui ont des parcomètres. Sans alternatives claires ni planification préalable, trouver un espace libre peut passer d’une procédure de paiement fastidieuse à une mission impossible. Il faudra être très attentif pour voir si la météo est d’accord avec cette manœuvre, ou si Ourense finit par manquer les parcomètres.

