Polaris veut que votre casque sache quand vous devez arrêter de rouler. Moniteur de fatigue des brevets

Il y a un certain point où les produits « intelligents » cessent d’être si intelligents et commencent à devenir sacrément ennuyeux. Une montre intelligente vous dit de vous lever. Votre voiture vous dit de rester dans votre voie. Votre téléphone vous demande de baisser vos écouteurs. Et si un brevet Polaris récemment publié devient réalité, votre casque pourrait être le prochain sur la liste.

À première vue, certaines idées semblent tout à fait logiques. Le brevet décrit un casque intelligent modulaire contenant un GPS, des radios, des capteurs biométriques, du matériel de communication, des lumières et des modules électroniques amovibles. Les cyclistes pouvaient communiquer via des réseaux maillés, coordonner des trajets en groupe, contrôler des accessoires et même faire fonctionner certaines fonctions du véhicule directement à partir des boutons montés sur le casque. Tout cela est assez raisonnable. Les motocyclistes utilisent déjà des communicateurs Bluetooth, des caméras d’action, des systèmes de navigation, des équipements chauffants et des applications connectées. Combiner certaines de ces fonctions sur une seule plate-forme n’est pas vraiment un grand pas en avant.

Mais si vous creusez un peu plus, vous remarquerez que le brevet commence à devenir un peu plus ambitieux.

Une section décrit un système de surveillance de la fatigue qui suit les mouvements de la tête, l’accélération, les données biométriques du pilote et l’activité de la suspension du véhicule pour calculer ce que Polaris appelle l’énergie totale transmise. L’idée est de déterminer à quel point un coureur est devenu physiquement sollicité au fil du temps. Accumulez suffisamment de points de fatigue virtuels et le système commence à émettre des avertissements. Ignorez ces avertissements et les choses pourraient encore dégénérer.

Selon le dossier, le casque pourrait demander la confirmation que le cycliste est alerte et attentif. Si le conducteur ne répond pas dans un certain délai, le système pourrait potentiellement modifier le comportement du véhicule en limitant les performances ou en réduisant la vitesse. Quelque part dans le futur, votre casque pourrait décider que vous vous êtes suffisamment amusé pour une journée.

Et je pense que c’est là que les choses deviennent intéressantes. D’un côté, quiconque a passé une journée entière à parcourir les sentiers du désert, les itinéraires de motoneige ou les terrains accidentés de l’arrière-pays sait que la fatigue est réelle. Les coureurs ne sont pas toujours les meilleurs juges de leur propre état lorsqu’ils sont fatigués, déshydratés ou déterminés à parcourir encore un kilomètre avant de retourner au camp. La technologie qui reconnaît ces situations avant qu’elles ne deviennent dangereuses présente un attrait évident.

D’un autre côté, de nombreux cyclistes expérimentés diraient probablement qu’ils n’ont pas besoin d’un casque pour décider quand il est temps de reculer. L’idée d’une machine interprétant votre fréquence cardiaque, vos mouvements de tête et vos données de suspension avant de conclure que vous avez atteint votre quota quotidien de plaisir n’est peut-être pas universellement accueillie. La plupart des coureurs sont parfaitement capables de reconnaître quand ils sont épuisés, et certains peuvent y voir un autre exemple de logiciel s’insinuant dans des endroits où il n’était pas invité.

La même tension apparaît ailleurs dans le brevet. Polaris décrit des systèmes d’attache de groupe qui peuvent surveiller à quel point les coureurs s’éloignent d’un leader désigné. Il traite de l’éclairage synchronisé du casque, des fonctions de commande du véhicule mappées aux boutons du casque et des réseaux de communication qui transforment efficacement chaque cycliste en un nœud dans un réseau de données évolutif. Une fonctionnalité propose même une limite virtuelle autour d’un chef de groupe, avec des alertes déclenchées lorsque les coureurs s’éloignent trop du peloton.

Le brevet comprend également de nombreuses idées plus petites, plus faciles à imaginer en production. Des soufflets chauffants pourraient empêcher les microphones de geler par temps froid. Les visières chauffantes alimentées sans fil pourraient éliminer une partie du câblage fourni avec les systèmes de protection chauffante existants. Les modules électroniques modulaires pourraient permettre aux coureurs d’ajouter des fonctionnalités uniquement lorsqu’ils le souhaitent réellement au lieu de tout payer d’avance.

Bien entendu, les brevets ne sont pas des annonces de produits. De nombreuses idées brevetées ne quittent jamais la planche à dessin. Mais les brevets donnent souvent un aperçu de la façon dont une entreprise envisage l’avenir.

Il convient également de rappeler que Polaris n’est pas seulement un constructeur automobile. La société possède également Klim, l’un des plus grands noms d’équipements de moto et de sports motorisés haut de gamme. Donc, si une version de cette technologie échappe un jour au bureau des brevets et arrive sur les étagères des magasins, il y a de fortes chances qu’elle arrive avec un logo Klim plutôt qu’un badge Polaris.



Que les cyclistes souhaitent réellement un casque qui surveille la fatigue, gère les trajets en groupe, contrôle les fonctions du véhicule et leur indique potentiellement quand il est temps de ralentir est une toute autre question. Certaines de ces fonctionnalités résolvent des problèmes légitimes. D’autres risquent de ressembler à une technologie en quête d’un but.

Et c’est ce qui rend ce brevet si intéressant. Ce n’est pas seulement un casque « plus intelligent ». C’est une vision d’un avenir où le casque deviendra un autre ordinateur dans l’écosystème automobile. La question est de savoir si les pilotes y verront un progrès ou s’ils décideront que le meilleur système de sécurité reste celui qu’ils portent entre les oreilles.