Dans le paysage du motocyclisme américain, Erik Buell constitue l’ultime exception. Ancien ingénieur Harley-Davidson au cœur de pilote, Buell a passé des décennies à essayer de prouver qu’une moto de sport américaine n’était pas seulement possible, elle pouvait être révolutionnaire. Ses vélos ont été construits autour d’une trinité de principes de conception : centralisation des masses, faible poids non suspendu et rigidité du châssis. De la série XB à bras oscillant à huile à la 1125 à moteur Rotax cracheur de feu, les motos Buell ont toujours été sans vergogne étranges et techniquement brillantes.
Malgré l’histoire mouvementée de la marque en matière de transferts et de fermetures d’entreprises, le culte de Buell reste plus fort que jamais. Les constructeurs personnalisés sont attirés par les os « radicaux » de ces machines : les freins avant périmétriques massifs, les cadres à carburant et cette âme incomparable de bicylindre en V. Lorsque vous enlevez la carrosserie en plastique d’une Buell, vous vous retrouvez avec un terrain de jeu mécanique qui invite à des modifications agressives, futuristes et parfois carrément brutales.
Voici neuf de nos motos Buell personnalisées préférées présentées sur Bike EXIF.

Le XB9S ‘Lisa 22’ de Moc Tu
Moc Tu, l’ingénieur en chef chez Nuen Moto, n’est pas seulement un constructeur ; c’est un virtuose du CNC. Surnommée « Lisa 22 » en hommage à sa fille, cette Buell XB9S était un projet personnel conçu pour repousser les limites de l’ingénierie de précision. Bien que le châssis à carburant dans le cadre emblématique demeure, presque tout le reste a été abandonné au profit de composants usinés sur mesure.

La pièce maîtresse est l’étonnante partie avant de style poutre, méticuleusement conçue pour le poids spécifique de la moto et associée à un amortisseur Öhlins entièrement réglable. Le cockpit est une classe de maître en matière d’intégration, avec un joug supérieur usiné CNC qui mélange parfaitement les supports de colonne montante et de tableau de bord. Des étriers Spiegler à huit pistons au réservoir d’huile fabriqué à la main avec une fenêtre transparente, chaque détail crie une harmonie mécanique haut de gamme.
Pour ancrer la construction, Moc a installé des roues Marchesini d’une Ducati Multistrada et un bras oscillant unilatéral d’une Triumph Sprint 1050, retourné pour s’adapter au côté entraînement de la Buell. Enveloppée dans une carrosserie en aluminium penchée vers l’avant avec une livrée « voiture de sport » aux accents bleus, cette XB9S est un témoignage recouvert de titane de ce qui se passe lorsqu’un ingénieur en mécanique laisse libre cours à son imagination. [MORE]

Le XB12S ‘Matao’ de Steven Lucas
Steven Lucas de Matao prouve que parfois la meilleure façon d’honorer un design classique est de resserrer le focus. Sa version de la Buell XB12S Lightning 2008 conserve les « plus grands succès » de la série : le frein périmétrique, le cadre à carburant et le bras oscillant rempli d’huile, mais remplace l’esthétique translucide du début des années 2000 par quelque chose de beaucoup plus sophistiqué et brutal.
Steven a abandonné le sous-châssis en blocs pour une unité en acier tubulaire faite à la main, surmontée d’un siège en Alcantara de La Sellerie Fleury. Le couvercle du réservoir en fibre de verre rend hommage à l’ambiance sculptée de l’original mais exagère la position lourde de la moto à l’avant. À l’avant, une LED Baja Designs se trouve en bas sur un panneau numérique en acier personnalisé, imitant l’aspect agressif de la « moustiquaire » du Lightning d’origine tout en offrant une sortie moderne et ultra lumineuse.

Sous le capot, le moteur a été envoyé chez Twin Motorcycles France pour un rafraîchissement complet, respirant désormais à travers un gros filtre à dosettes et hurlant à travers un échappement GPR. Fini dans une palette argentée et noire discrète avec des attaches nickelées, ce streetfighter est un rêve minimaliste qui met l’accent sur la masse mécanique de la plate-forme Buell. [MORE]

La 1125CR ‘Coco’ par Ad Hoc Café Racers
Après une interruption de cinq ans, David Gonzalez d’Ad Hoc Café Racers est revenu avec « Coco », une Buell 1125CR nommée d’après son bouledogue anglais. Le 1125CR était le donateur idéal : large d’épaules, têtu et physiquement imposant. David a travaillé avec ER Motorcycles pour rendre numériquement le concept avant de façonner à la main l’ensemble de la carrosserie monocoque en métal.

Le résultat est une silhouette futuriste et brutaliste qui utilise à son avantage le châssis principal massif de la Buell. David a remplacé les carénages latéraux incurvés de l’usine par de grosses unités angulaires et a placé un généreux feu arrière à LED à l’arrière de la carrosserie. L’avant est doté d’un phare LED rectangulaire protégé par un arceau de sécurité personnalisé, donnant à la moto une sensation de « combat urbain ».
La configuration mécanique est tout aussi agressive, avec une solide roue arrière de 18 pouces équipée de pneus Harley-Davidson V-Rod et Avon Cobra. Un amortisseur Gears Racing personnalisé et un échappement Race Spirits rauque garantissent que « Coco » fonctionne aussi sauvagement qu’il en a l’air. Finie dans un mélange de revêtement en poudre texturé et de noir mat, cette construction est une classe d’élégance « occultante ». [MORE]

Le S1 White Lightning ‘Hardtail’ de Corban Gallagher
Corban Gallagher est chimiste nucléaire de formation, et sa toute première construction personnalisée reflète la précision de son travail quotidien. Inspiré par le légendaire record de vitesse terrestre Vincent de Rollie Free, Corban a transformé une Buell S1 White Lightning de 1998 en un dragster semi-rigide bas et mince. À l’aide d’un cadre de Bitter End Choppers, il a capturé les longues lignes de course sur terrain plat dont il rêvait.
Le bicylindre en V de spécification « Thunderstorm » a été reconstruit avec un allumage DynaTek 2000i et habillé de couvercles EMD à ailettes pour correspondre au réservoir d’huile Lowbrow Customs. L’ingéniosité de Corban brille dans les détails : il a utilisé des capsules de matières radioactives comme entretoises et supports, et a réutilisé une aile Honda Shadow pour l’arrière. La moto roule sur des roues Dymag MotoGP haut de gamme, offrant un contraste high-tech avec le cadre rigide.

L’esthétique est un clin d’œil aux « années AMF Harley », avec un carénage avant eBay vintage et une livrée peinte à la main. Pour un constructeur débutant travaillant dans un atelier d’usinage actif, la « moto GP du pauvre » est un début incroyable qui équilibre les vibrations des courses de dragsters vintage avec des composants de performance modernes. [MORE]

Le XR1 de Bottpower
David Sánchez de Bottpower apporte 16 ans d’expérience en ingénierie de course à la plateforme Buell. Sa série XR1 est moins une construction personnalisée qu’une réingénierie totale du XB12. Le changement le plus radical est la suppression du cadre en aluminium à double longeron, remplacé par une unité de type colonne vertébrale qui utilise le moteur Thunderstorm de 1 203 cm3 comme élément sollicité.

Étant donné que le cadre ne contient plus de carburant, Bottpower a conçu un système de pile à combustible en fibre de carbone à trois étages placé sous le couvercle du réservoir et le siège. La suspension est purement conçue pour la piste, avec des fourches Buell 1125R avec des cartouches K-Tech et un amortisseur arrière Öhlins TTX à valve personnalisée. Un phare JvB-moto et une queue de style Flat Track en fibre de carbone confèrent à la moto une esthétique néoclassique qui masque ses performances sauvages.
Avec un potentiel de 140 ch et une carrosserie en fibre de carbone allégée, le XR1 est conçu pour l’expérience de conduite. C’est une moto qui ressemble à un street tracker mais qui se comporte comme un Superbike européen, prouvant que l’expérience de David en ingénierie de données s’applique parfaitement au monde du custom. [MORE]

Le « HS1 » de Hazan Motorworks
Max Hazan possède cette Buell S1 depuis vingt ans, et son évolution d’une première moto « explosée » à la « HS1 » est une histoire de rédemption. Après une expérience nitreuse qui a mal tourné dans sa jeunesse, Max a reconstruit le vélo avec vingt ans de sagesse en matière de fabrication. Les seules pièces d’origine restantes sont l’extrémité inférieure du moteur, le carter du turbo et une partie du châssis.
Le moteur est désormais un monstre de 1 350 cm3, doté d’un turbo Garrett GT25R poussant 20 psi de boost. Cette configuration fournit 175 chevaux et 160 lb-pi de couple à la roue arrière. Pour gérer la puissance, Max a abandonné le système de montage en caoutchouc pour un châssis monté en dur, a installé des fourches CBR1000RR 2014 et des roues Marchesini en magnésium.

La carrosserie en aluminium est volontaire, façonnée d’abord en mousse pour assurer des lignes parfaites. Pesant seulement 415 lb mouillé, le HS1 est « super sommaire » avec son empattement court et son manque de râteau – exactement comme Max le voulait. Il s’agit d’une machine à adrénaline pure et pure, construite par l’un des plus grands fabricants du secteur. [MORE]

Le ‘Tex Design’ XB12 de Paolo Tesio
Paolo « Tex » Tesio est un concepteur automobile qui utilise des logiciels de CAO et des imprimantes 3D comme un constructeur traditionnel utilise un marteau. Sa Buell XB12 Firebolt a été développée pendant 18 mois dans le domaine numérique pour garantir que chaque composant boulonné s’adapte avec précision en usine. Le résultat est un kit futuriste qui ne nécessite aucune découpe ni soudure du vélo d’origine.
La caractéristique la plus frappante est le système de couvre-fourche télescopique, qui permet au phare Husqvarna 701 de glisser de haut en bas, épousant à tout moment la roue avant. Un nouveau sous-châssis et une unité arrière boulonnés abritent une batterie lithium-ion, tandis que la boîte à air a été remplacée par un système d’admission canalisé sophistiqué pour gérer la chaleur du bicylindre en V.

La construction de Tesio représente l’avenir de la personnalisation : la précision numérique rencontre l’âme mécanique. Parce que le kit est non destructif, il permet aux propriétaires de XB12 de transformer leurs motos en machines conceptuelles agressives et futuristes tout en conservant l’excellente suspension et les freins d’origine. [MORE]

Le Ronin 47 de Magpul Industries
Le Ronin 47 est peut-être le « custom de production » le plus célèbre de l’histoire de la moto. Lorsque Harley-Davidson a fermé Buell en 2009, Magpul Industries a acheté 47 unités du 1125R et a entrepris de corriger chacun de ses défauts. Le résultat est un vélo qui semble avoir été conçu pour un samouraï dans un futur cyberpunk.
Les points faibles des 1125 furent abordés avec une précision militaire. Les fourches Showa ont été remplacées par une fourche à tringlerie en fonte d’aluminium et le moteur Rotax en surchauffe a été équipé d’un énorme radiateur monté à l’avant. La moto a été allégée de 50 livres et l’ECU a été reprogrammé pour augmenter la puissance déjà impressionnante de 146 ch.

Avec des détails tels que des maîtres-cylindres radiaux hydrauliques, un silencieux à revêtement céramique et un allumage RFID, le Ronin 47 est une machine de haut niveau qui fonctionne réellement. À 38 000 $, c’était un prix d’entrée élevé, mais pour un morceau de l’histoire de la moto américaine qui ne ressemble à rien d’autre et qui roule comme rien d’autre, beaucoup diraient que c’est une bonne affaire. [MORE]

Le « Zonkern » de Custom Works Zon
Les constructeurs japonais Custom Works Zon sont célèbres pour leur esthétique « noyau du soleil », et le « Zonkern » ne fait pas exception. Alors qu’ils ont conservé le moteur S1 Lightning de 1998 pour sa « réponse sportive », ils ont jeté tout le reste. À sa place se trouve un cadre en treillis compact entièrement sur mesure, conçu pour mettre l’accent sur l’agilité.

L’avant est une œuvre d’art : une configuration de type ressort enveloppée de leur propre conception, complétée par des triples personnalisés et des clips uniques. Le bras oscillant unilatéral et l’arrière monoamortisseur supportent une jante arrière massive de 8,5 pouces de large enveloppée dans un pneu Michelin de 240 sections. Il s’agit d’une position extrême qui maintient d’une manière ou d’une autre la fonctionnalité « tourner et s’arrêter » sur laquelle les constructeurs ont insisté.
La carrosserie en aluminium battu à la main est le clou du spectacle. Il présente une partie avant entièrement fermée avec une ambiance de science-fiction des années 1950, qui rappelle les conceptions classiques des fusées. Fini avec des flammes à fines rayures argentées et un siège en cuir tuck-and-roll de Back Drop, le Zonkern est un chef-d’œuvre de la ferronnerie japonaise. [MORE]

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